L'ADSL
D'abord décryptons les 4 lettres,
ADSL : Asynchronous Digital Subscriber Line.
L'
ADSL fait partie des technologies
xDSL dans lesquelles on trouve le
SDSL (Synchronous DSL), le HDSL (High rate DSL) et le VDSL (Very high rate DSL). Elles permettent de faire transiter des données sans perturber les communications téléphoniques traditionnelles (Réseau Téléphonique Commuté ou RTC) : elles découpent le signal qui va être exploité par le téléphone ou le
modem. Le téléphone prend la fréquence entre 0 et 4 kHz et les données entre 20 kHz et 1,1 MHz (voire 2 MHz dans le cadre des technologies ADSL 2(+) et Re-ADSL). Dans la bande de fréquence des données (entre 20 kHz et 1,1 ou 2 MHz), le signal est découpé en canaux de 4,3 kHz chacun et peut transporter 4000 bauds. Chaque canal a un sens d'affecté. Les données sont codées suivant la phase et l'amplitude (puissance) du signal et chaque baud code pour 8 bits.

(c) DSLValley.com
Les données étant codées sur l'amplitude du signal, une bande de l'amplitude (les marges) permet de coder les informations. Le bruit sur la ligne de téléphone peut perturber le signal. En effet, le bruit peut cacher certains canaux autant en amplitude qu'en fréquence. Il peut masquer plusieurs canaux et diminuer rapidement le débit. Le bruit est fonction de la distance de la ligne et de divers éléments qui sont proches des deux paires de cuivre (alimentation électrique défectueuse, chantiers, ...).
Le Dégroupage
Pour comprendre le
dégroupage, il faut connaître la chaîne qui existe entre le
FAI et l'abonné (ndlr : pas le contrat d'abonnement que certains voudraient voir disparaître). Cette chaîne est en 3 parties : entre le FAI et le
NRA, dans le
NRA et dans la
Boucle locale.
Le FAI utilise une liaison Haut débit pour rejoindre le central téléphonique (Noeud de raccordement des abonnés ou NRA). Le plus souvent, il s'agit d'un VPN (Virtual Protocol Network) sur un réseau
fibre optique.
Dans le central téléphonique, on trouve trois chambres : une chambre où toutes les lignes connectées arrivent (Répartiteur Principal), une autre où un énorme serveur (le répartiteur FT) filtre la partie téléphonie et l'envoie vers l'URAD qui contient des serveurs de France Telecom pour la téléphonie
RTC, et la partie
Internet est envoyée vers une troisième chambre (la salle de colocalisation) qui est subdivisée en locaux dont un sert de répartiteur entre les différents opérateurs et les autres sont les lieux dans lesquels les opérateurs installent leurs serveurs : les serveurs Digital Subscriber Line Acces Multiplexer ou
DSLAM (c'est avec eux que le modem ADSL se synchronise) et les serveurs BAS qu'ils connectent à leurs réseaux.

(C)
ARCEP - Autorité de Régulation des Communications Electroniques et Postales (cliquer sur l'image pour agrandir)
En cas de problème sur la ligne, le point frontière permet d'identifier la responsabilité du problème - France Telecom ou l'opérateur.
Entre le NRA et l'abonné, on trouve la
Boucle Locale. Elle est la propriété de l'opérateur historique même dans le cas du dégroupage. Cette ligne relie le central aux prises téléphoniques de votre maison ou de votre appartement.
Le
dégroupage a lieu lorsque le
FAI ne passe pas par France Telecom. Il existe 3 niveaux de dégroupage :
- l'IP-ADSL ou option 5 : le FAI passe par le réseau de France Telecom en utilisant ses DSLAM et son réseau (Wanadoo et les autres FAI en zone non dégroupée),
- la collecte régionale ou option 3 : le FAI utilise le réseau de France Telecom jusqu'à un collecteur régional, où les données changent de réseau, et utilise un autre réseau pour finir le parcours (Alice, héritage de Tiscali, et Cegetel)
- et le dégroupage ou option 1 : le FAI utilise le réseau d'un concurrent de FT, du NRA au FAI. Le dégroupage est partiel lorsque le DSLAM et le BAS, dans le central, ou le réseau utilisé ne sont pas celui de l'opérateur historique.
Le dégroupage total utilise le même système mais ne passe pas par la salle des répartiteurs de France Telecom et le lien vers le
RTC est coupé dans le NRA. Le fait de se passer du matériel permet au FAI ou à l'opérateur de contrôler de bout en bout l'accès ADSL de son client, même s'il doit payer un abonnement à France Telecom pour la Boucle Locale (le point frontière est là pour rappeler que l'opérateur historique est toujours maître de la Boucle Locale).

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Les Services
Les services qui sont associés aux offres des FAI (ADSL2+,
ReADSL,
VoIP, Visiophonie et TV
IP) dépendent du type de DSLAM, pour l'ADSL2+ et le
ReADSL, et de la distance de la ligne de téléphonie, dont dépend le débit, pour la Télévision par ADSL.
La plupart des services sont très gourmands en débit et peuvent saturer la
bande passante. Certains sont tellement gourmands d'ailleurs que le débit pour les autres services est trop réduit pour être utilisé ensemble. Pour éviter d'utiliser 2 services trop gourmands, les FAI ont trois méthodes, deux techniques et une commerciale :
- côté technique, des serveurs dédiés à la téléphonie VoIP ou à la TV par ADSL peuvent être installés dans le local des DSLAM. Ceux-ci améliorent la qualité du service et déchargent la partie dédiée en utilisant un autre réseau que celui pour l'Internet (exemple : Wanadoo/MaLigneTV). La deuxième méthode est de proposer plus de débit ou de signal avec des technologies plus avancées comme l'ADSL 2(+).
- Côté commercial, les FAI rendent ces services incompatibles (TV par ADSL et Visiophonie et/ou ADSL2+). Le FAI proposera les deux services indépendamment l'un de l'autre en attendant qu'une évolution technique enlève cette "incompatibilité".
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ADSL Max, ADSL2+ et ReADSL - Comment s'y retrouver.